"L'art postal (ou mail art) est une forme d'art détournant les éléments de la correspondance postale pour s'exprimer (décoration d'enveloppes, de cartes postales ou d'objets*) et qui utilise la récupération, le détournement et toutes les techniques graphiques et plastiques.Il s'agit d'une pratique née dans les années 1960 (voir Ray Johnson ) dont l'origine remonte aux productions de l'avant-garde des années 1920 et du surréalisme**. Elle consistait à adresser par la Poste des lettres, télégrammes, collage sur cartes-postales, objets, etc... afin de détourner les circuits traditionnels des musées, galeries ou institutions diverses, ou à subvertir le fonctionnement du marché.
Aujourd'hui, l'art postal ( ou Mail Art***) est un échange créatif à travers le monde et permet de faire passer des messages grâce aux œuvres". (Médiathèque de Castries)

De nombreux appels à projets  ou Mail Art call ****circulent sur le net, allez voir le site de Denis Charmot vous aurez ainsi  un panel mondial.

L'art postal c'est simple : choisissez un support  (carton, enveloppe....ou.... ) ainsi que votre mode de création (peinture, feutre, collage, matières...) ajoutez sur votre toute nouvelle oeuvre l'adresse de votre correspondant ainsi qu'un timbre. Au verso de votre mail art, notez vos coordonnées pour la réponse. Déposez le tout dans une boîte aux lettres. Ensuite vous guetterez le facteur avec impatience dans l'attente d'une réponse, avec un jour, la surprise d'un mail art dans votre courrier, au milieu des factures...   

 

                      

                                   

   

 

 

 

 

 

    Collage d'Hélène Lagache  

                                           Collage d'Arno

 Collage de Pascale Championnet, autres exemples de mail art ici

 

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* "la lettre devient un objet extraordinaire à deux ou trois dimensions : lettres-livres, lettres-peintures, lettres-gravures, lettres-photos, lettres-collages, lettres-mobiles, lettres-rébus, lettres-BD, lettres-objets, lettres-graffitis, etc., qui sont autant de provocations à prendre part au jeu esthétique et postal. On peut citer par exemple l’envoi de Dominique Penloup à Pierre Alechinsky qui représente une lettre-fleur en trois dimensions, la lettre-livre de Bernard Jeunet réalisée à partir de collage et peinture sur carton, une des lettres-BD de Christian Balmier inspirée des aventures de Tintin, en hommage à Hergé.
Incessantes variétés du sensible, ces correspondances insolites s’effectuent à partir de la rencontre d’un élément de la réalité et de l’invention qui recompose, transforme, agit, transgresse. Offrandes visuelles et signifiantes, soumises au travail des techniques et de l’imaginaire, elles réinterprètent tous les styles, du figuratif à l’abstrait, du conceptuel à l’expérimental. Leurs trajets picturaux sont également empreints de l’art brut, populaire, naïf et de l’art singulier."
Nathalie Jungerman, responsable éditoriale du site internet fondation la poste et de florilettres.

**Mais "Dès l'invention de la carte postale (Autriche XIXe siècle) et du timbre (Angleterre 1840 et France 1848), les premiers envois illustrés apparaissent. Et assez tôt, quelques artistes ou personnalités tels que Mallarmé, Apollinaire ou encore Marcel Duchamp décorent leurs courriers. Voici l'exemple d'une adresse sous forme de poème écrite par Mallarmé :

« Petite lettre, ne t'arrête qu'à La main petite et familière, de Gabrielle Wrotnowska Rue, huit, seul, de la Barouillère »

Il ne faut évidemment pas oublier les nombreux anonymes (notamment les soldats et marins) qui décorèrent leurs lettres. Par la suite, cet art empruntant les voies postales est apparu en différents endroits plus ou moins simultanément. En Europe, plusieurs pays virent émerger un « Art postal » (environ 1910), et notamment l'Italie avec les Futuristes, comme Marinetti, Balla, Desperto, Pannaggi et les autres, pour qui la lettre devient un support expressif, loin des matériaux standardisés, utilisant toutes les techniques de la peinture et du collage et mêlant gaîté et humour."(Wikipédia)

***« Art postal » et « mail art » sont deux terminologies distinctes pour désigner un ensemble de productions artistiques reconnues pour leurs affinités avec l’institution postale. « En ce qui concerne l’éternel distinguo art postal/mail art, j’utiliserais cette image : si l’art postal, c’était du fauvisme, alors, le mail art, ce serait de l’expressionnisme » répond Renaud Siegmann dans une interview, à l’occasion de la parution de son ouvrage Mail Art : art postal, art posté, aux éditions Alternatives. Dans cet ensemble de productions, certaines créations postales obéissent à une conception, une idée particulière de l’échange et de la performance.
Le mail art désigne une « branche » contemporaine de l’art postal créée par Ray Johnson (1927-1995), artiste new-yorkais qui, en 1962, fonde la New York Correspondance School of Art. Convaincu que l’artiste a les moyens d’animer son propre réseau, postal ou autre, en dehors des lois du marché de l’art, il a l’idée d’expédier par la poste des lettres-collages, mélanges d’images picturales et photographiques, jeux de mots et coupures de presse, à l’attention de personnalités célèbres ou d’inconnus pris au hasard dans l’annuaire, les conviant à des vernissages réels ou imaginaires. Ces actions postales sont ensuite enrichies d’un énoncé qui fait le tour du monde : « Please add and return to R.J. » (Complétez s.v.p. et retournez à R.J.). Des courriers interactifs avant la lettre. Aussitôt, la mise en marche d’un réseau de l’art par correspondance est déclenchée.
Rapidement, le mail art connaît de nombreux adeptes parmi lesquels Dick Higgins, l’un des principaux artistes du mouvement Fluxus. Grâce à la poste, les correspondants deviennent les acteurs d’une immense performance et les échanges épistolaires s’ouvrent au reste des États-Unis et à l’Europe. Associé à différentes tendances de l’art moderne, dont précisément le groupe Fluxus, mais refusant d’en faire partie, Ray Johnson fonde sa démarche conceptuelle sur le caractère éphémère de l’œuvre, sur le mode du transitoire et de la simultanéité contre un art élitiste et mercantile. « The mail box is the museum » (La boîte aux lettres est le musée).
Une des spécificités du mail art est que l’artiste garde le contrôle de la production, de la distribution et de la consommation d’œuvres d’art postales, matérielles ou immatérielles, dans le monde entier. « Le fait que ces trois phases d’activité restent, en principe, sous le contrôle des artistes eux-mêmes, “entre leurs mains”, c’est ce qui constitue pour moi la caractéristique fondamentale du mail art » affirme l’artiste Guy Bleus qui, depuis plus de vingt ans, a constitué un fonds d’archives dans lequel il classe et stocke tous les supports épistolaires du monde. "
Nathalie Jungerman, responsable éditoriale du site internet fondation la poste et de florilettres

****"Un libre espace de création .Ray Johnson a fait de son art inédit et contestataire un art accessible et ouvert à tous, pratiqué aujourd’hui sous la forme d’un réseau interactif et planétaire qu’on appelle le « global network » ou le « netland ». Un ensemble de plus de cent mille correspondants s’échangent librement des missives créatives, soit par le biais des services postaux, soit par celui du réseau virtuel. Un thème, un sujet établi à partir d’un format, d’une image, d’un texte ou d’un mot peut être parfois proposé par un artiste ou un groupe d’artistes et de poètes. L’appel à contribution qu’on nomme le « mail art call » est médiatisé sur le net ou par courrier. Il est bien souvent lui-même une action de mail art et suscite la participation d’artistes du monde entier. Fondé sur l’échange, sur la communication à distance, sur la multiplicité des procédés de réalisation, le mail art offre à tout le monde, artistes et amateurs de compositions épistolaires, un espace de création. Ni règlements, ni frais, ni censure ; la seule condition : une recherche de la fantaisie. Ce n’est pas un mouvement artistique au sens habituel du terme puisqu’il évince le risque de « théorisation » en faisant preuve d’une très grande liberté. Sorte d’appel à contribution, le mail art œuvre en faveur d’un constant dialogue, visuel et scripturaire, entre les différents correspondants."Nathalie Jungerman, responsable éditoriale du site internet fondation la poste et de florilettres.