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Collage d'Hélène Lagache |
Collage d'Arno |
Collage de Pascale Championnet, autres exemples de mail art ici |
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"la lettre devient un objet extraordinaire à deux
ou trois dimensions : lettres-livres, lettres-peintures,
lettres-gravures, lettres-photos, lettres-collages,
lettres-mobiles, lettres-rébus, lettres-BD, lettres-objets,
lettres-graffitis, etc., qui sont autant de provocations à
prendre part au jeu esthétique et postal. On peut citer par
exemple l’envoi de Dominique Penloup à Pierre Alechinsky qui
représente une lettre-fleur en trois dimensions, la lettre-livre
de Bernard Jeunet réalisée à partir de collage et peinture sur
carton, une des lettres-BD de Christian Balmier inspirée des
aventures de Tintin, en hommage à Hergé.
Incessantes variétés du sensible, ces correspondances insolites
s’effectuent à partir de la rencontre d’un élément de la réalité
et de l’invention qui recompose, transforme, agit, transgresse.
Offrandes visuelles et signifiantes, soumises au travail des
techniques et de l’imaginaire, elles réinterprètent tous les
styles, du figuratif à l’abstrait, du conceptuel à
l’expérimental. Leurs trajets picturaux sont également empreints
de l’art brut, populaire, naïf et de l’art singulier."
Nathalie
Jungerman,
responsable éditoriale du site internet fondation la poste et de
florilettres.
**Mais "Dès l'invention de la carte postale (Autriche XIXe siècle) et du timbre (Angleterre 1840 et France 1848), les premiers envois illustrés apparaissent. Et assez tôt, quelques artistes ou personnalités tels que Mallarmé, Apollinaire ou encore Marcel Duchamp décorent leurs courriers. Voici l'exemple d'une adresse sous forme de poème écrite par Mallarmé :
« Petite lettre, ne t'arrête qu'à La main petite et familière, de Gabrielle Wrotnowska Rue, huit, seul, de la Barouillère »
Il ne faut évidemment pas oublier les nombreux anonymes (notamment les soldats et marins) qui décorèrent leurs lettres. Par la suite, cet art empruntant les voies postales est apparu en différents endroits plus ou moins simultanément. En Europe, plusieurs pays virent émerger un « Art postal » (environ 1910), et notamment l'Italie avec les Futuristes, comme Marinetti, Balla, Desperto, Pannaggi et les autres, pour qui la lettre devient un support expressif, loin des matériaux standardisés, utilisant toutes les techniques de la peinture et du collage et mêlant gaîté et humour."(Wikipédia)
***« Art
postal » et « mail art » sont deux terminologies distinctes pour
désigner un ensemble de productions artistiques reconnues pour
leurs affinités avec l’institution postale. « En ce qui concerne
l’éternel distinguo art postal/mail art, j’utiliserais cette
image : si l’art postal, c’était du fauvisme, alors, le mail
art, ce serait de l’expressionnisme » répond Renaud Siegmann
dans une interview, à l’occasion de la parution de son ouvrage
Mail Art : art postal, art posté, aux éditions
Alternatives. Dans cet ensemble de productions, certaines
créations postales obéissent à une conception, une idée
particulière de l’échange et de la performance.
Le mail art désigne une « branche » contemporaine de l’art
postal créée par Ray Johnson (1927-1995), artiste new-yorkais
qui, en 1962, fonde la New York Correspondance School of Art.
Convaincu que l’artiste a les moyens d’animer son propre réseau,
postal ou autre, en dehors des lois du marché de l’art, il a
l’idée d’expédier par la poste des lettres-collages, mélanges
d’images picturales et photographiques, jeux de mots et coupures
de presse, à l’attention de personnalités célèbres ou d’inconnus
pris au hasard dans l’annuaire, les conviant à des vernissages
réels ou imaginaires. Ces actions postales sont ensuite
enrichies d’un énoncé qui fait le tour du monde : « Please add
and return to R.J. » (Complétez s.v.p. et retournez à R.J.). Des
courriers interactifs avant la lettre. Aussitôt, la mise en
marche d’un réseau de l’art par correspondance est déclenchée.
Rapidement, le mail art connaît de nombreux adeptes parmi
lesquels Dick Higgins, l’un des principaux artistes du mouvement
Fluxus. Grâce à la poste, les correspondants deviennent les
acteurs d’une immense performance et les échanges épistolaires
s’ouvrent au reste des États-Unis et à l’Europe. Associé à
différentes tendances de l’art moderne, dont précisément le
groupe Fluxus, mais refusant d’en faire partie, Ray Johnson
fonde sa démarche conceptuelle sur le caractère éphémère de
l’œuvre, sur le mode du transitoire et de la simultanéité contre
un art élitiste et mercantile. « The mail box is the museum »
(La boîte aux lettres est le musée).
Une des spécificités du mail art est que l’artiste garde le
contrôle de la production, de la distribution et de la
consommation d’œuvres d’art postales, matérielles ou
immatérielles, dans le monde entier. « Le fait que ces trois
phases d’activité restent, en principe, sous le contrôle des
artistes eux-mêmes, “entre leurs mains”, c’est ce qui constitue
pour moi la caractéristique fondamentale du mail art » affirme
l’artiste Guy Bleus qui, depuis plus de vingt ans, a constitué
un fonds d’archives dans lequel il classe et stocke tous les
supports épistolaires du monde. "Nathalie
Jungerman,
responsable éditoriale du site internet fondation la poste et de
florilettres
****"Un libre espace de création .Ray Johnson a fait de son art inédit et contestataire un art accessible et ouvert à tous, pratiqué aujourd’hui sous la forme d’un réseau interactif et planétaire qu’on appelle le « global network » ou le « netland ». Un ensemble de plus de cent mille correspondants s’échangent librement des missives créatives, soit par le biais des services postaux, soit par celui du réseau virtuel. Un thème, un sujet établi à partir d’un format, d’une image, d’un texte ou d’un mot peut être parfois proposé par un artiste ou un groupe d’artistes et de poètes. L’appel à contribution qu’on nomme le « mail art call » est médiatisé sur le net ou par courrier. Il est bien souvent lui-même une action de mail art et suscite la participation d’artistes du monde entier. Fondé sur l’échange, sur la communication à distance, sur la multiplicité des procédés de réalisation, le mail art offre à tout le monde, artistes et amateurs de compositions épistolaires, un espace de création. Ni règlements, ni frais, ni censure ; la seule condition : une recherche de la fantaisie. Ce n’est pas un mouvement artistique au sens habituel du terme puisqu’il évince le risque de « théorisation » en faisant preuve d’une très grande liberté. Sorte d’appel à contribution, le mail art œuvre en faveur d’un constant dialogue, visuel et scripturaire, entre les différents correspondants."Nathalie Jungerman, responsable éditoriale du site internet fondation la poste et de florilettres.




